La Danse de la Licorne

La danse de la licorne en vietnamien se dit Muấ Lân

 et est d’origine chinoise car le Vietnam a été colonisé par la Chine pendant 1000 ans…

C’est  est un symbole de puissance dans une école d’arts martiaux.

La licorne, au Vietnam, tient davantage du lion que du cheval, mais si sa corne est plus petite, elle est tout aussi magique ! Cette figure trouve son origine dans un cadeau que les Vietnamiens firent aux Chinois, en gage de bon voisinage. Il s’agissait de deux lions que les Chinois finirent par juger trop féroces. On les retrouvera comme gardiens sous la forme de sculptures à l’entrée des temples et des restaurants. Le lion mâle se tient les deux pattes au sol et affiche un air courroucé, car il s’est fait voler sa pierre. La femelle, quant à elle, maintient sous sa patte un lionceau. Les Vietnamiens en firent de gentilles et vertueuses licornes. Elle est célébrée pour sa douceur et sa gentillesse qui prédispose les êtres à la joie et à la bonne humeur mais aussi pour sa force et sa pureté qui chasse les soucis et purifie les mauvais esprits.

La danse de la licorne est une danse rituelle importante dans la tradition sino-vietnamienne. Elle intervient essentiellement lors du Nouvel An (la fête du Têt) et lors d’événements de haute importance. La licorne est un animal mythique qui apporte bonheur, fortune et prospérité à la population et aux établissements qui font appel à elle.

Cette danse est précédée de nombreux éclats de pétards qui écartent les démons. Le réveil de la licorne se fait au rythme du tambour, du gong et des cymbales. Elle va saluer trois fois l’autel ou le temple avant de combattre symboliquement les chasseurs qui viennent la capturer. Ces derniers sont vaincus lors du combat. Ong Dia, le génie de la terre à l’allure d’un bouddha opulent et rieur, comprend de son côté que la licorne est aveugle. De son éventail, il la dirige, la taquine puis finit par l’apprivoiser. Il la guide à travers la population venue assister au spectacle et qui lui dédie des offrandes (souvent de l’argent dans des petites enveloppes porte-bonheur, les Bao Lixi), mais de telle sorte que la licorne soit obligée de les récupérer de manière acrobatique ! La licorne monte sur des tables, sur des poteaux, se dresse sur ses pattes arrière….

Ong Dia la mène également à l’entrée des magasins et des restaurants qui ont accroché une laitue sur le seuil de leur porte comme un présage d’abondance car la culture rurale reste encore très présente chez les vietnamiens. Ils espèrent ainsi attirer l’attention et les faveurs de la licorne qui est connue pour être gourmande. Celle-ci mange alors la laitue et en restitue la moitié en offrande au temple. Elle finit par saluer trois fois l’autel généralement posé à même le sol, avant de s’endormir à nouveau jusqu’à l’année suivante.

Autrefois, certains villages possédaient une école d’art martial. Ils pratiquaient la danse de la licorne et organisaient un concours pendant une période de fête : les écoles d’art martiaux devaient aller chercher un trophée avec la licorne par différentes manières. Soit plusieurs licornes se battaient entre elles pour arriver au trophée, soit c’était l’école la plus rapide et la plus habile qui le récupérait (les trophées étaient placés en hauteur).

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